DTU 52.1

Sommaire

Il existe deux méthodes de pose de carrelage : la pose scellée et la pose collée.

Chacune de ces poses est encadrée par des règles strictes de mise en œuvre, exposées dans le DTU, Document Technique Unifié (en cas de dommages sur des travaux de pose scellée, l’expertise s’appuie sur ce document).

Le DTU 52.1 de novembre 2010 est le DTU relatif aux « Travaux de Bâtiment – Revêtements de sols scellés ». Il contient un cahier technique exposant les règles de mise en œuvre et un cahier exposant les critères de choix de matériaux pour une pose scellée.

Comme tous les DTU, le 52.1 fait état de nombreuses règles particulières et schémas difficiles à retranscrire. Focus sur les règles incontournables de la pose scellée.

Définition de la pose scellée

Avant d’exposer les règles majeures du DTU, il faut rappeler ce qu’est une pose scellée de carrelage : celle-ci consiste à sceller le carreau dans un mortier de ciment frais. Cette méthode est recommandée pour les carreaux de grande taille ou de surface irrégulière. Dans le cas où le sol d’origine n’est pas de niveau, la pose scellée permet de rétablir le niveau du sol et de poser les carreaux en une seule opération.

La mise en œuvre du DTU 52.1

Les configurations de pose

Le DTU 52.1 distingue 3 configurations différentes de pose scellée :

  • Pose adhérente : le mortier de scellement est appliqué directement sur le support.
  • Pose désolidarisée : le mortier de scellement est appliqué sur une couche de désolidarisation.
  • Pose flottante : le mortier de scellement est appliqué sur une sous-couche isolante.

La planéité du support

Pour une pose scellée adhérente, la tolérance de planéité est de 15 mm sous la règle de 2 mètres.

Pour une pose désolidarisée, elle est de 7 mm sous la règle de 2 mètres.

À noter : Si la planéité n’est pas satisfaisante, il faudra impérativement y remédier avant d’envisager la pose du carrelage.

Les méthodes de pose

Le DTU précise les deux méthodes de mise en œuvre pour une pose scellée de carrelage :

  • Pose à la bande : des bandes sont réalisées entre règles ou cordeaux et les carreaux sont fixés au pilon ou à la batte au fur et à mesure et avant la prise du mortier de scellement.
  • Pose à la règle : le mortier est étalé et tiré à la règle. On applique ensuite une « barbotine » de ciment ou on effectue un poudrage de ciment pur sur la surface du mortier. On pose ensuite les carreaux directement sur la barbotine fraiche ou après humidification du poudrage par travées.

La pose intérieure

Pour la pose scellée de carrelage en intérieur, le DTU précise l’épaisseur minimale de mortier de scellement à utiliser, selon la sollicitation future du local. Cette épaisseur minimale est de 4 cm pour les locaux à faible sollicitation et jusqu’à 6 cm pour ceux à fortes sollicitations.

Le DTU précise également les conditions de pose sur chauffage par le sol (hors planchers rayonnants électriques).

À noter : Le chauffage au sol doit avoir été mis en chauffe avant la pose et interrompu 48 heures avant la pose pour une remise en chauffe progressive 7 jours après la pose.

La pose extérieure

Pour la pose scellée en extérieur, le DTU 52.1 précise l'obligation de :

  • Une pente d’au moins 1,5 % est impérative pour éviter la stagnation d’eau.
  • Le mortier de scellement doit avoir une épaisseur minimale de 5 cm.
  • Une couche de désolidarisation drainante est obligatoire sous le mortier de scellement.

À noter : Cette couche est un lit de granulat de 2 cm minimum d’une granulométrie de 2/10 mm avec un voile non tissé synthétique d’au moins 170 grammes au mètre carré.

Les joints entre carreaux

Le DTU 52.1 encadre la taille minimale des joints entre carreaux. La pose de carrelage sans joint entre les carreaux est interdite : le joint minimum toléré est de 2 mm pour les carreaux rectifiés et de 6 mm pour des carreaux en terre cuite par exemple.

DTU 52.1 : les règles de dilatation et de fractionnement

Le joint de dilatation

Les joints de rives en pose scellée peuvent être traités avec des profils métalliques adaptés ou des couvre-joints. Ces profils en « L » doivent être fixés mécaniquement au support et sous le mortier de scellement.

À noter : Pour les locaux à faible sollicitation, ces profils ne sont pas obligatoires.

Les joints périphériques autour d’une pièce doivent être d’au moins 5 mm, sauf pour les petites pièces inférieures à 7 m². Ces joints sont généralement recouverts par des plinthes ou comblés par un joint souple.

À noter : Ces joints devront être au minimum de 10 mm pour la pose scellée en extérieur (hors loggias et balcons où 5 mm suffisent).

Le joint de fractionnement

  • En intérieur, pour une pose adhérente, la surface maximale à recouvrir avant fractionnement est de 60 m², et dans tous les cas ne doit pas excéder 8 mètres linéaires.
  • Pour une pose désolidarisée ou flottante, cette surface est réduite à 40 m² et 6 mètres linéaires.
  • En extérieur, la surface maximale sans fractionnement est de 20 m² et 5 mètres linéaires.

Ces joints sont d’environ 5 mm et sont comblés par des profils ou mastics adaptés à cet usage.

Remise en service et observation du revêtement

Le DTU 52.1 précise les délais de remise en service des locaux après la pose scellée du carrelage. Ce délai de remise en service dépend du type de locaux et de sa sollicitation. Dans tous les cas, il faudra respecter plusieurs jours avant de marcher sur le revêtement (de 1 à 15 jours selon la configuration).

Le DTU précise également les conditions d’observation de l’état général du carrelage posé ; celle-ci se fait en effet, comme pour tous les revêtements de sols, à hauteur d’homme, soit à environ 1,65 m de haut et à 2 mètres de recul sur la zone, en évitant tout éclairage rasant.

En résumé, on ne mesure pas les défauts éventuels à 4 pattes sur le carrelage !

DTU 52.1 : prix

Le DTU 52.1 est un document payant non cessible, disponible sur le boutique Afnor au prix de 83.95 €. Il s’agit de la bible du poseur de carrelage, et non un document destiné aux particuliers.

 

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